Maladie, souffrance

Acte d’abandon à la Miséricorde

Auteur : Jean-Paul II

Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m’as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n ’as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini.
Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde.
Avec ta grâce et ton secours, j’ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi.
Aujourd’hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d’avoir été l’objet de ton amour.
Mon âme te chante sa reconnaissance.
Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n’ont plus la force de Te prier, d’autres ont perdu l’usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T’atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : « Si c’était moi ? »
Alors, Seigneur, aujourd’hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T’offre à t’avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l’une ou l’autres de ces épreuves m’arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.
Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration.
Si, un jour, un état d’inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j’aurai à vivre soit une suite ininterrompue d’actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d’amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement.

Prière de Jean-Paul II écrite pour son anniversaire, le 18 mai 1985

Bénis, Seigneur, tous ceux qui sont dans la tristesse

Auteur : Edith Stein, en religion sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, décédée dans un camp d’extermination en 1942.

Bénis l’esprit des souffrants,
la lourde solitude des hommes,
l’être qui ne connaît nul repos,
la souffrance qu’on ne confie jamais
à personne.
Bénis le cortège de ces noctambules
que n’épouvante pas le spectre
des chemins inconnus.
Bénis la misère des hommes
qui meurent en cette heure.
Donne-leur, mon Dieu, une bonne fin.
Bénis les coeurs, Seigneur,
les coeurs amers.

Avant tout,
donne aux malades le soulagement.
Enseigne l’oubli à ceux
que Tu as privés de leur bien le plus cher.
Ne laisse personne sur la terre entière
dans la détresse.
Bénis ceux qui sont dans la joie.
Protège-les, Seigneur.
Moi, Tu ne m’as jamais, à ce jour,
délivrée de la tristesse.
Elle me pèse parfois beaucoup.
Néanmoins, Tu me donnes Ta force
et je peux ainsi la porter.

Prière d’un malade

J’ai demandé à Dieu la force pour atteindre le succès,
il m’a rendu faible pour que j’apprenne humblement à obéir…
J’ai demandé la santé pour faire de grandes choses,
il m’a donné l’infirmité pour faire des choses meilleures…
J’ai demandé la richesse pour être heureux,
il m’a donné la pauvreté pour que je puisse être sage…
J’ai demandé le pouvoir pour être estimé des hommes,
il m’a donné la faiblesse pour que j’éprouve le besoin de Dieu…
J’ai demandé un compagnon pour la vie,
il m’a donné la solitude pour que je puisse avoir
le coeur ouvert à tous mes frères…
J’ai demandé tout afin de jouir de la vie,
il m’a donné la vie pour que je puisse me réjouir de tout…
Je n’ai rien eu de ce que j’avais demandé,
mais bien tout ce que j’avais espéré,
presqu’en dépit de moi-même…
Mes prières informulées ont été exaucées,
je suis parmi les hommes le plus richement comblé.

Pour bien mourir

Auteur : Hilaire Léonard-Etienne

Mets fin à ma souffrance. Seigneur !
Mets un terme à mon combat !
Je te le demande sans rancoeur
mais comme une faveur venue de ta bonté.

C’est ainsi que Siméon te priait :
 »Maintenant, laisse ton serviteur
s’en aller dans ta paix
car ses yeux ont vu ton salut ! »

L’enfant prodigue est en route vers toi ;
ne repousse pas sa démarche
mais conduis-le à la Maison !
Comme le bon larron, j’espère ta réponse :
 »Tu seras avec moi, ce jour, au Paradis ! »

Mets fin à ma souffrance ! Je suis prêt.
Abrège mon voyage et donne-moi la main.
Je suis plein de péchés mais aussi de confiance
puisque tu es mon Père !
Le soir descend ; ma route est achevée ;
je voudrais m’endormir doucement
pour m’éveiller dans ton Royaume.

Plus que jamais, j’attends ta promesse !
Ma foi est aujourd’hui mon unique lumière
et ma seule espérance !
Approche, Seigneur, montre-moi ton visage ;
ouvre-moi ta demeure.

 »Maran Ata ! » Viens Seigneur, Viens !

Cette prière est extraite du recueil  »Prières pour ceux qui souffrent » de l’abbé Hilaire Léonard-Etienne.