⭐️ Résumé de l’homélie en hommage au père Charles Delhez à travers trois mots clés qui ont marqué sa vie: Action de grâce, Fruit et Joie. « Son caractère bien trempé et pas toujours compatible avec tout le monde, prouve qu’il était humain et pas encore entièrement divinisé » ont plaisanté ses confrères.

Plusieurs centaines de personnes ont assisté à la messe des funérailles du père jésuite Charles (Marie) Delhez, dans et devant la (sa) petite église Saints-Marie-et-Joseph de Blocry sur les hauteurs de Louvain-le-Neuve, ce mercredi 15 avril 2026. L’ambiance était recueillie et fraternelle.
Ces funérailles tombaient une semaine après son décès le mercredi de l’octave de Pâques, 8 avril 2026, à l’âge de 74 ans, des suites d’une fibrose pulmonaire. La célébration était présidée par le père Thierry Lamboley, auxiliaire du Père Thierry Dobbelstein, responsable de la Province jésuite d’Europe Occidentale Francophone. Le père Michel Bacq sj., supérieur de la communauté des jésuites de LLN a introduit la célébration et prononcé l’homélie. Le père Tommy Scholtès sj. a lu un beau message de la part de la conférence épiscopale, signéa par Mgr Luc Terlinden.
Un écran géant avait été installé dans le jardin à côté de l’église pour permettre aux centaines de participants de suivre la célébration qui était aussi retransmise (et encore disponible) sur la chaîne YouTube de CathoBel.
Dans l’homélie préparée en communauté, hommage a été rendu au père Charles à travers trois mots clés qui ont marqué sa vie : Action de grâce, Fruit et Joie.
« Tout d’abord, action de grâce ou bien merci au bon Dieu. Le texte de la première lecture que nous a lu Philippe de Meulenaere. Ce texte de la lettre de Saint Pierre commence ainsi: Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Souvent, Charles nous a demandé de le bénir, entre autres les derniers temps. Nous rendons grâce pour son amitié. Charles était un ami pour la plupart d’entre nous, ici et pour nous en communauté. Et c’était une amitié qui était contagieuse. Vous, comme nous l’avons constaté. Il a reçu un monde fou lorsqu’il était aux soins intensifs et il avait une attention personnelle intime envers chacun, chacune. Sur son lit ou sur son fauteuil de grand malade, il était serein. C’est lui qui nous réconfortait. Il avait le don d’accompagner les gens là où ils sont et pas là où on voudrait qu’ils soient déjà. L’amitié dépasse les convenances. Charles avait du caractère. Un caractère bien trempé et pas toujours compatible avec tout le monde. L’un de nous faisait remarquer, cela prouve qu’il était humain et pas encore entièrement divinisé.
Deuxième mot : fruit. Dans l’Évangile, Jésus dit que ce qui fait la gloire de son père, c’est de porter du fruit. Autrement dit, ce qui donne du poids à une existence, c’est d’être féconde. Nous rendons grâce pour ce que le Seigneur a réalisé à travers Charles. Au retour de ses nombreuses expéditions, il aimait rendre compte des multiples fruits que le Seigneur avait produits à travers son activité. Aux soins intensifs, j’ai remercié le médecin qui avait permis de rendre visite à Charles de midi à dix-neuf heures, aussi nombreux qu’on le voulait. Cela a provoqué un raz de marée de visites pas facile à gérer pour le personnel infirmier. Et lorsqu’à nouveau, j’ai remercié le médecin d’avoir accepté ce raz de marée, il m’a simplement dit : « On récolte ce qu’on a semé ».
Troisième mot : joie. Et une joie profonde habitait Charles. Aussi bien en relisant pour la vingtième fois un Tintin qu’en faisant la vaisselle en communauté. Nous avons choisi de ne pas avoir de lave-vaisselle et Charles était le spécialiste de la plonge. Il aimait communiquer sa joie avec la guitare autour d’un feu de camp, d’une célébration de baptême. Et en fait, nous avons encore ici la cuve baptismale qui est sous l’autel. C’est assez spécial. C’est le père Amaury qui avait choisi, donc l’ancien curé de Blocry dans l’histoire, qui avait choisi cela pour que les enfants qui sont petits puissent voir ce qui se passait à travers la cuve qui est en plastique transparent. Donc, il aimait bien transmettre cette joie et vivre cette joie à l’occasion d’une messe dans les bois. Et de temps en temps, quand il recevait une boisson Orval ou plutôt « un » Orval. C’était une joie existentielle, la joie de Dieu, la joie de Jésus qui donne sa vie pour que sa joie soit notre joie. Pas tant la joie de Noël, mais la joie de Pâques, celle dont Saint Pierre parle dans sa missive. La joie qui traverse les épreuves, la joie de la Semaine Sainte, la joie du Ressuscité, la joie de l’Évangile, celle du pape François que Charles appréciait tant. »