Frank Michael, de son vrai nom Franco Gabelli, est mort à l’âge de 79 ans des suites d’un cancer du poumon, a annoncé ce vendredi 12 juin sur Facebook sa fille Sandra Gabelli.
Né en Italie, dans la province de Parme, il avait immigré en Belgique avec ses parents à l’âge de 3 ans, à la fin des années 1940. Installé avec sa famille à Seraing près de Liège, il avait participé à des radio-crochets dès l’adolescence, avant de sortir un premier 45 tours en 1974.
Domicilié toute sa vie à Seraing près de Liège, il est mort à l’âge de 79 ans ce 12 juin 2026. Il était très attaché à la Vierge Marie. Il s’était confié sur sa vie de prière en 2017 sur KTO. « Je prie tous les jours. Je ne rate jamais l’occasion d’aller à l’église pour allumer une bougie, » disait Frank Michael.
Avec sa voix chaude et ses hymnes à l’amour comme « Toutes les femmes sont belles », Frank Michael a conquis des millions de cœurs dans toute la francophonie. Malgré 15 millions de disques vendus, le crooner au grand cœur est resté fidèle à sa région de Liège, cultivant une authenticité rare.
L’abbé Vincent Jemine a prononcé l’homélie d’hommage à Frank Michael le 20 juin à l’église saint-Firmin de ROTHEUX.
Les manches retroussées et les mains dans le cambouis, c’est un portrait très réaliste qui nous a été dépeint. Ainsi, à sa manière, Franco a incarné la première lecture : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères. »
Et un peu plus loin, saint Jean nous encourage : « Jésus a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. » Dans 99 % des cas, donner sa vie ce n’est pas mourir pour quelqu’un.
Sandra a raconté comment à chaque rentrée scolaire, son père passait un temps infini à recouvrir ses cahiers — on a tous connu cette galère avec de l’adhésif transparent, à traquer la moindre bulle d’air. Lui le faisait méticuleusement.
Elle évoque aussi ses coups de téléphone quotidiens, juste pour entendre sa voix. Ces détails que le monde ne perçoit pas, sont pour l’enfant qui en est le témoin, les signes d’un amour inconditionnel.
L’amour ne s’exprime pas nécessairement par de grandes déclarations sous les projecteurs, mais par cette présence active où l’on permet au divin de s’incarner. Dans une chanson, la basse est rarement ce que l’on remarque en premier. Pourtant, sans elle, l’harmonie perd sa profondeur.
La famille était pour Franco cette ligne de basse discrète et constante.
Mais il y avait une autre mélodie dans sa vie, une mélodie éclatante, exigeante et parfois complètement écrasante : sa carrière musicale. Cette lumière publique crée fatalement des ombres dans la sphère privée.
C’est pourquoi ses proches ont choisi d’inclure une chanson où Frank admet avoir été négligent.
N’est-ce pas un peu risqué ? En réalité, si on lisse trop la vie de quelqu’un, on ne rend hommage qu’à un fantôme.
Inclure ses failles dans les funérailles, c’est reconnaître sa proximité avec nos propres existences. Il chante : « Toi que je n’ai pas vu grandir en mon absence. Toi qui as dû tellement souffrir de mes silences, pardonne-moi. » Il parle ouvertement de ces anniversaires où la toute jeune Sandra refusait de souffler ses bougies parce qu’il n’était pas là.
Puis il raconte ses retours tardifs de concert où il n’avait plus d’autre choix que de la regarder dormir.
Il y a aussi cette chanson incroyable “La mia via”. Frank y évoque la descente d’adrénaline, l’amertume du succès. Il décrit la scène qui se vide, une fois que le rideau est tombé et il lâche en italien cette phrase terrible :
« Je comprends que je me suis trompé sur tout, parce que c’était toi, seulement toi, qui étais ma vie. »
Il réalise qu’il a poursuivi ses rêves de scène parfois au détriment de sa présence auprès des siens: Franco n’enfouissait pas ses confessions dans les pages secrètes d’un journal intime. Il chantait à son public : voilà, j’ai raté des trucs importants.
La beauté de cette histoire, c’est que ce pardon demandé publiquement a reçu une réponse concrète. Sandra a su voir l’amour au-delà de l’absence physique. Voilà ce qu’est la miséricorde : reconnaître les blessures réelles sans leur laisser le dernier mot.
La miséricorde ne nie pas les absences mais elle discerne un amour plus profond. Le fait que Sandra et son mari aient conduit Franco pendant cette éprouvante dernière tournée 2025 montre que l’harmonie familiale était toujours au rendez-vous.
« Aujourd’hui, tu es parti chanter avec les anges. »
C’est ainsi que les petits-enfants nous ouvrent à la troisième et dernière importante facette de Franco : sa foi, discrète mais très réelle.
En effet, l’Évangile nous invite maintenant à regarder plus loin. Car la question ultime n’est pas : « Comment Franco a-t-il vécu ? » Mais : « Où le Seigneur le conduit-il aujourd’hui ? »
L’évangéliste précise : « L’ange (justement lui) ~ dit aux femmes : “Vous, soyez sans crainte ! Jésus le Crucifié est ressuscité.” » Leur peur se métamorphose en une grande joie.
Sans attendre, elles courent porter la nouvelle. Voilà le rôle capital des femmes : être les premières messagères de la Résurrection. Nous savons, ô combien, les chansons de Frank étaient habitées par la figure féminine, porteuse de vie, d’inspiration, de mystère et d’émotion.
Maintenant si l’on écoute le témoignage silencieux du petit recueil de prières qu’il emportait toujours avec lui, on découvre que la femme qu’il admirait le plus était aussi la femme pour qui l’humanité a entonné le plus de chants : la Maman de Jésus.
En conclusion, la relation de Franco avec sa famille étant comme la basse de la chanson, sa carrière musicale, la mélodie, on peut dire que sa foi chrétienne en était le rythme, le cœur cherchant à battre à l’unisson du cœur de Dieu.
Frères et sœur, le départ de Franco ne débouche pas sur un silence désertique. C’est plutôt un changement de tonalité, une modulation. La mélodie de Franco continue d’exister. Elle est simplement jouée sur une autre scène “avec les anges” pour reprendre les mots de ses proches.
Rendons grâce pour ce parcours tissé de gestes discrets plus que de grands discours, de musique plus que de mise à l’honneur médiatique, de demandes de pardon plus que d’autojustifications, et de foi plus qu’on ne l’imaginait.
Notre espérance aujourd’hui ne repose pas sur un souvenir, aussi précieux soit-il. Elle repose sur le Christ ressuscité, seul vainqueur de la mort, c’est lui qui propose — à chacun — l’Évangile, chemin de vie éternelle.
Que celui qui a tant chanté ici-bas découvre maintenant la joie de chanter au cœur même de la Trinité, dans cette harmonie parfaite où toute larme est essuyée, où tout pardon trouve son accomplissement, où l’amour, enfin libéré de toute limite, se sanctifie, s’illumine et s’épanouit pour l’éternité.
Lors de la plénière du Dicastère pour l’Évangélisation le 28 mai dernier, le Pape a salué le succès du Jubilé, rappelant que « le monde a plus que jamais soif d’espérance ». Face à la crise de la foi et à l’indifférence dans les pays occidentaux, il insiste sur l’urgence de la mission : « l’annonce de l’Évangile […] n’est pas une proposition utopique ». Pour toucher les jeunes et transmettre la foi, l’Église doit éviter de « diluer les contenus » et miser sur le témoignage. Citant Benoît XVI, il affirme : « Ce dont nous avons besoin […], ce sont des hommes qui […] rendent Dieu crédible dans ce monde ».
DISCOURS DU SAINT-PÈRE LÉON XIV AUX PARTICIPANTS À LA SESSION PLÉNIÈRE DU DICASTÈRE POUR L’ÉVANGÉLISATION – SECTION DES QUESTIONS FONDAMENTALES DE L’ÉVANGÉLISATION DANS LE MONDE
Salle du Consistoire Jeudi 28 mai 2026
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, La paix soit avec vous !
Éminences, Excellences, chers frères et sœurs,
C’est une joie pour moi de vous rencontrer à l’issue de la Session plénière du Dicastère pour l’Évangélisation, Section pour les Questions fondamentales de l’évangélisation dans le monde. Cette circonstance m’offre l’occasion de partager quelques réflexions concernant la vie de l’Église, surtout pour les années qui s’ouvrent devant nous.
33 millions de pèlerins à Rome pour le jubilé
Avant tout, je désire toutefois exprimer mes plus vifs remerciements pour le grand travail accompli par le Dicastère durant le Jubilé de l’an dernier. Nous avons vécu un temps de grâce qui a vu arriver à Rome des millions de pèlerins. Quel était finalement leur nombre ? On dit 30 millions… [on lui communique le chiffre] Plus de 33 millions ! Un tel événement a demandé un immense effort d’organisation, qui s’est manifesté par un accueil heureux sur les différents fronts et, surtout, par une attention à la dimension spirituelle en raison de l’abondance des dons que le Seigneur a déversés sur les croyants.
Le but de la Porte Sainte des quatre Basiliques papales n’a pas empêché que l’Année Sainte soit vécue intensément dans les Églises locales. Dans le monde entier, l’espérance est devenue protagoniste dans la vie chrétienne. L’insistance mise sur la « plus petite des sœurs », qui, presque sans se faire remarquer, entraîne les deux plus grandes, la foi et la charité, doit encore être annoncée et vécue avec intensité et conviction. Le monde a plus que jamais soif d’espérance. Il désire vivre dans la paix et dans la certitude que l’engagement pour construire une cité digne des enfants de Dieu n’est pas seulement possible mais réel, parce qu’il est imprégné d’une espérance qui offre des objectifs vrais, non illusoires. N’interrompons donc pas cette annonce, soutenue par la promesse du Seigneur Jésus de demeurer toujours avec nous ; elle devient visible dans le témoignage que nous sommes appelés à offrir afin d’être des disciples fidèles à sa parole (cf. Mt 28,18-20).
Perte de foi, perte du sens de la vie
L’évangélisation demande de continuer à être la motivation fondamentale de toute action de l’Église universelle et des communautés locales ; c’est seulement ainsi que la foi elle-même est redécouverte sans cesse dans sa beauté et exprime au mieux sa crédibilité. L’annonce de l’Évangile, qui insuffle l’espérance, n’est pas une proposition utopique : c’est un témoignage qui attire parce qu’il manifeste l’appel à l’amour et à la vérité.
Nous ne pouvons pas sous-estimer le fait que, surtout dans les pays occidentaux, la crise de la foi, avec d’autres facteurs socioculturels, a donné lieu à une indifférence religieuse diffuse. Pour beaucoup, la foi apparaît désormais comme non pertinente pour leur vie. Le danger sous-jacent, qui n’est pas toujours perçu dans toute sa gravité, est qu’il manque alors le souffle de ce qu’il y a de plus proprement humain, c’est-à-dire la recherche du sens. Les grandes questions existentielles restent sans réponse, tandis qu’une culture technologique se répand, prétendant répondre à tous les besoins.
Évangéliser, c’est favoriser la rencontre du Christ
Même dans ce contexte, la rencontre avec le Christ est capable de redonner plénitude de sens et de valeur à la vie des personnes, et l’Église redécouvre l’actualité permanente du mandat qu’elle a reçu du Seigneur ressuscité. Personne ne peut se substituer à elle dans cette mission, aussi urgente que nécessaire pour assurer des fondations fiables à l’avenir de l’humanité, afin qu’il soit un avenir de paix, de justice, de liberté et de fraternité.
Comme cela est ressorti lors du Consistoire de janvier dernier, l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium du pape François continue à « représenter un point de référence décisif : elle n’introduit pas simplement de nouveaux contenus, mais recentre tout sur le kérygme comme cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale » (Lettre aux cardinaux, 12 avril 2026). Je vous invite donc, vous aussi, à reprendre Evangelii gaudium dans votre travail à tous les niveaux, afin de promouvoir une mission « christocentrique et kérygmatique, qui naît d’une rencontre avec le Christ capable de transformer la vie » (ibid.).
Les jeunes n’ont pas de préjugés contre l’Évangile
Une grande attention mérite la forte demande de spiritualité qui, surtout chez les jeunes, se fait jour et qui s’est exprimée de manière évidente à l’occasion du Jubilé des jeunes. La nouvelle génération n’a pas de préjugés contre l’Évangile ; au contraire, beaucoup, lorsqu’ils le redécouvrent, désirent mieux le connaître, parce qu’ils perçoivent qu’il cache le secret du vrai bonheur. Je suis certain que votre Dicastère est particulièrement attentif à cette demande que nos contemporains expriment avec une insistance toujours plus grande, et qui exige une réponse crédible et cohérente. L’évangélisation ne repose ni sur l’efficacité des structures, ni sur la pertinence sociale, ni même sur le consensus que l’on peut recevoir à certains moments. Ce qui demeure essentiel, c’est plutôt d’avoir confiance dans la conduite de l’Esprit Saint, de suivre les chemins qu’il indique pour conduire beaucoup au Christ, à sa parole qui sauve, à son amour qui renouvelle la vie.
L’évangélisation doit aujourd’hui se mesurer aussi, de manière particulière, aux changements des conditions et des dynamiques dans la transmission de la foi de génération en génération. Dans certaines régions du monde, cette transmission s’est presque interrompue, ce qui exige la capacité d’assumer de nouveaux défis. Les causes de cette situation sont connues et multiples ; ce qui en résulte cependant, chez les jeunes générations, est une « pauvreté » spirituelle, un manque de motivations et d’instruments permettant de mûrir en pleine liberté cette adhésion de foi qui donne sens à la vie. Grâce à Dieu, les expériences sont nombreuses et variées, dans le monde entier, où les communautés chrétiennes, les associations, les mouvements et les groupes ecclésiaux rencontrent les jeunes, les écoutent et dialoguent avec eux. Le climat culturel diffus dans les sociétés hypermédiatiques et consuméristes réduit la capacité d’apprendre avec patience et d’accomplir avec effort un chemin personnel de recherche de la vérité, avec persévérance et esprit critique. Chaque message risque d’être perçu comme une opinion parmi tant d’autres.
La cohérence d’un style de vie évangélique
La transmission de la foi, dans ce contexte, passe nécessairement par la rencontre avec des personnes et des communautés qui expriment la joie de la foi chrétienne et la cohérence d’un style de vie évangélique. Ce n’est certainement pas en diluant les contenus et en adoucissant les exigences que l’on peut rendre le christianisme attractif, mais en témoignant avec humilité et courage de « la voie, la vérité et la vie » qui a converti et sanctifié tant de personnes. Comme l’affirmait Benoît XVI : « Ce dont nous avons besoin en ce moment de l’histoire, ce sont des hommes qui, à travers une foi éclairée et vécue, rendent Dieu crédible dans ce monde. […] Nous avons besoin d’hommes qui gardent le regard tourné vers Dieu, apprenant de là la véritable humanité. Nous avons besoin d’hommes dont l’intelligence soit éclairée par la lumière de Dieu et à qui Dieu ouvre le cœur, afin que leur intelligence puisse parler à l’intelligence des autres et que leur cœur puisse ouvrir le cœur des autres. C’est seulement à travers des hommes touchés par Dieu que Dieu peut revenir vers les hommes » (L’Europe de Benoît dans la crise des cultures, Sienne 2005, p. 63-64). La sainteté de la vie demeure donc toujours la forme la plus convaincante de la beauté de la foi chrétienne, qui traverse les époques et s’adresse à toutes les cultures.
Une catéchèse vivante et continue
Je voudrais également vous dire un mot au sujet de la catéchèse, qui qualifie de manière déterminante la vie de l’Église dans son engagement de formation et de transmission de la foi. Une attention particulière doit être accordée aux catéchumènes qui, en nombre toujours plus significatif, demandent le Baptême. Le joyeux service de la communauté pour accueillir et accompagner les catéchumènes ne peut s’achever avec la célébration du Sacrement. Une responsabilité tout aussi grande exige la tâche suivante, celle d’offrir un environnement dans lequel trouvent une réponse les attentes qui les ont conduits à adhérer au Christ et à son Église. Le devoir de maintenir vivante la décision de foi accomplie par le Baptême comporte, en particulier pour les communautés paroissiales, l’exigence de tendre toujours vers la haute mesure de la vie chrétienne (cf. saint Jean-Paul II, Novo millennio ineunte, 31), afin d’assurer aux nouveaux baptisés un espace de croissance cohérent, fruit de relations interpersonnelles vécues dans l’amour et le service réciproque.
Une semblable attention doit être réservée aux garçons et aux filles qui reçoivent le sacrement de la Confirmation. J’encourage les multiples initiatives qui les accompagnent dans la poursuite de leur chemin de foi pour leur croissance humaine et chrétienne. Ces propositions deviennent véritablement efficaces grâce à l’attention portée personnellement à chacun d’eux, reflet de l’amour unique et personnel du Seigneur.
Très chers, je vous remercie pour votre service à mon ministère et à toute l’Église et, en vous confiant à la Vierge Marie, parfaite disciple et missionnaire de l’Évangile, je vous accompagne de ma bénédiction. Merci ! »
⭐️ Résumé de l’homélie en hommage au père Charles Delhez à travers trois mots clés qui ont marqué sa vie: Action de grâce, Fruit et Joie. « Son caractère bien trempé et pas toujours compatible avec tout le monde, prouve qu’il était humain et pas encore entièrement divinisé » ont plaisanté ses confrères.
Plusieurs centaines de personnes ont assisté à la messe des funérailles du père jésuite Charles (Marie) Delhez, dans et devant la (sa) petite église Saints-Marie-et-Joseph de Blocry sur les hauteurs de Louvain-le-Neuve, ce mercredi 15 avril 2026. L’ambiance était recueillie et fraternelle.
Ces funérailles tombaient une semaine après son décès le mercredi de l’octave de Pâques, 8 avril 2026, à l’âge de 74 ans, des suites d’une fibrose pulmonaire. La célébration était présidée par le père Thierry Lamboley, auxiliaire du Père Thierry Dobbelstein, responsable de la Province jésuite d’Europe Occidentale Francophone. Le père Michel Bacq sj., supérieur de la communauté des jésuites de LLN a introduit la célébration et prononcé l’homélie. Le père Tommy Scholtès sj. a lu un beau message de la part de la conférence épiscopale, signéa par Mgr Luc Terlinden.
Un écran géant avait été installé dans le jardin à côté de l’église pour permettre aux centaines de participants de suivre la célébration qui était aussi retransmise (et encore disponible) sur la chaîne YouTube de CathoBel.
Dans l’homélie préparée en communauté, hommage a été rendu au père Charles à travers trois mots clés qui ont marqué sa vie : Action de grâce, Fruit et Joie.
« Tout d’abord, action de grâce ou bien merci au bon Dieu. Le texte de la première lecture que nous a lu Philippe de Meulenaere. Ce texte de la lettre de Saint Pierre commence ainsi: Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Souvent, Charles nous a demandé de le bénir, entre autres les derniers temps. Nous rendons grâce pour son amitié. Charles était un ami pour la plupart d’entre nous, ici et pour nous en communauté. Et c’était une amitié qui était contagieuse. Vous, comme nous l’avons constaté. Il a reçu un monde fou lorsqu’il était aux soins intensifs et il avait une attention personnelle intime envers chacun, chacune. Sur son lit ou sur son fauteuil de grand malade, il était serein. C’est lui qui nous réconfortait. Il avait le don d’accompagner les gens là où ils sont et pas là où on voudrait qu’ils soient déjà. L’amitié dépasse les convenances. Charles avait du caractère. Un caractère bien trempé et pas toujours compatible avec tout le monde. L’un de nous faisait remarquer, cela prouve qu’il était humain et pas encore entièrement divinisé.
Deuxième mot : fruit. Dans l’Évangile, Jésus dit que ce qui fait la gloire de son père, c’est de porter du fruit. Autrement dit, ce qui donne du poids à une existence, c’est d’être féconde. Nous rendons grâce pour ce que le Seigneur a réalisé à travers Charles. Au retour de ses nombreuses expéditions, il aimait rendre compte des multiples fruits que le Seigneur avait produits à travers son activité. Aux soins intensifs, j’ai remercié le médecin qui avait permis de rendre visite à Charles de midi à dix-neuf heures, aussi nombreux qu’on le voulait. Cela a provoqué un raz de marée de visites pas facile à gérer pour le personnel infirmier. Et lorsqu’à nouveau, j’ai remercié le médecin d’avoir accepté ce raz de marée, il m’a simplement dit : « On récolte ce qu’on a semé ».
Troisième mot : joie. Et une joie profonde habitait Charles. Aussi bien en relisant pour la vingtième fois un Tintin qu’en faisant la vaisselle en communauté. Nous avons choisi de ne pas avoir de lave-vaisselle et Charles était le spécialiste de la plonge. Il aimait communiquer sa joie avec la guitare autour d’un feu de camp, d’une célébration de baptême. Et en fait, nous avons encore ici la cuve baptismale qui est sous l’autel. C’est assez spécial. C’est le père Amaury qui avait choisi, donc l’ancien curé de Blocry dans l’histoire, qui avait choisi cela pour que les enfants qui sont petits puissent voir ce qui se passait à travers la cuve qui est en plastique transparent. Donc, il aimait bien transmettre cette joie et vivre cette joie à l’occasion d’une messe dans les bois. Et de temps en temps, quand il recevait une boisson Orval ou plutôt « un » Orval. C’était une joie existentielle, la joie de Dieu, la joie de Jésus qui donne sa vie pour que sa joie soit notre joie. Pas tant la joie de Noël, mais la joie de Pâques, celle dont Saint Pierre parle dans sa missive. La joie qui traverse les épreuves, la joie de la Semaine Sainte, la joie du Ressuscité, la joie de l’Évangile, celle du pape François que Charles appréciait tant. »
La scène culturelle anversoise est en ébullition. L’opéra « Sancta », une création de la metteuse en scène autrichienne Florentina Holzinger présentée à l’Opera Ballet Vlaanderen, a déclenché une vague d’indignation qui dépasse les frontières de la ville. Sous couvert de « déconstruction des structures patriarcales », l’œuvre multiplie les provocations : religieuses nues sur patins à roulettes, détournements de la messe et scènes sanglantes.
Pour beaucoup, ce spectacle n’est plus de l’art, mais un étalage de mépris.
C’est à l’Opéra d’État de Stuttgart que le spectacle a fait le plus de bruit. Lors des premières représentations, les services de secours ont dû intervenir pour prendre en charge 18 spectateurs souffrant de nausées sévères ou d’évanouissements. La cause ? Des scènes d’automutilation (un morceau de peau découpé en direct et filmé en gros plan), des piercings réels sur scène et des rapports sexuels non simulés.
« Profondément blessé » : La réaction de Mgr Johan Bonny
L’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny, n’a pas tardé à réagir, exprimant sa douleur face à une programmation tombant précisément durant la Semaine Sainte. Dans une tribune poignante, il a fustigé un manque de considération élémentaire :
« Que vaut encore pour nous le respect religieux et philosophique ? » s’interroge l’évêque, soulignant que si l’Église a fait des efforts majeurs pour expurger de ses textes toute trace de mépris envers autrui, le secteur culturel semble s’octroyer un droit de gifle permanent.
Pour Mgr Bonny, utiliser des symboles sacrés pour les tourner en dérision est un véritable manque de respect. Il ne s’agit pas de censurer la critique, mais de dénoncer l’utilisation de l’identité d’autrui comme un simple accessoire de provocation.
Un climat de banalisation de l’offense
Ce scandale fait écho à une autre polémique récente ayant secoué la Flandre : le comportement d’animateurs de la VRT (Studio Brussel). Dans une séquence filmée, on y voyait des présentateurs détruire à coups de marteau des statues de Jésus et de la Vierge Marie dans une « rage room ». Le malaise a grandi lorsque les auteurs ont admis qu’ils n’auraient jamais osé s’en prendre aux symboles d’autres religions.
Cette répétition d’actes hostiles pose une question de fond : pourquoi le sacré chrétien est-il devenu un terrain de jeu où tout est permis ? L’utilisation de symboles religieux comme instruments de choc visuel, que ce soit à l’opéra ou sur les ondes publiques, témoigne d’une méconnaissance — ou pire, d’un mépris — de ce qu’est la foi pour des millions de citoyens.
Vers une « indifférence digne »
Face à ce qu’il qualifie de spectacle éphémère, Mgr Bonny appelle les fidèles à la sérénité plutôt qu’à la confrontation. Il invite à « ignorer dignement » la provocation pour se concentrer sur la profondeur des célébrations pascales. Néanmoins, le débat reste ouvert : jusqu’où la liberté de création peut-elle s’affranchir du respect dû aux convictions les plus intimes de la communauté ?
Tour d’Europe des réactions
Depuis sa création, l’opéra contemporain Sancta ne laisse personne indifférent. Entre fascination artistique et rejet frontal, cette œuvre qui mêle imagerie religieuse et esthétique radicale a provoqué des réactions contrastées à travers l’Europe, révélant des sensibilités culturelles profondément différentes.
Une réception ouverte dans les pays germanophones
En Allemagne et en Autriche, Sancta s’inscrit dans une tradition bien établie de théâtre expérimental. Le public des grandes scènes contemporaines, habitué à des formes artistiques provocatrices, a globalement accueilli l’opéra avec curiosité.
Lors du festival Wiener Festwochen, le spectacle a été marqué par un incident technique et médical majeur : la concertmeister (premier violon) s’est évanouie dans la fosse d’orchestre durant la performance. Le spectacle a été interrompu pendant une quinzaine de minutes avant de reprendre sans elle. Les médias locaux ont décrit une ambiance de « splatter-action » (action sanglante) qui a laissé une partie du public viennois, pourtant habitué à l’actionnisme, dans un état de sidération.
Certaines voix dénoncent une provocation gratuite, relançant le débat sur les limites de l’art subventionné.
En France, entre défense de la création artistique et choc du public
En France, Sancta a suscité des réactions plus polarisées. La presse culturelle a majoritairement défendu la liberté de création, inscrivant l’œuvre dans la continuité d’autres productions controversées, comme Golgota Picnic.
Cependant, une partie du public s’est montrée plus critique, évoquant un malaise face à certaines scènes jugées excessives. Le débat s’est rapidement déplacé sur un terrain plus large : jusqu’où l’art peut-il aller lorsqu’il touche à des symboles religieux ?
L’Italie, épicentre des critiques
C’est en Italie que les réactions ont été les plus vives. Dans un pays où l’héritage catholique reste très présent, Sancta a été perçu par certains comme une atteinte directe au sacré.
Des associations et figures religieuses ont dénoncé une œuvre jugée blasphématoire, allant parfois jusqu’à réclamer son interdiction. En parallèle, les milieux artistiques italiens ont défendu l’opéra comme une proposition intellectuelle et symbolique, appelant à ne pas confondre provocation et réflexion.
Une réception divisée en Espagne
En Espagne, l’opéra a suscité un intérêt réel, notamment dans les grandes villes, sans provoquer de scandale majeur. Les critiques oscillent entre reconnaissance de la démarche artistique et réserve face à son radicalisme.
Une immense majorité de croyants et de citoyens attachés au respect des convictions ont vu dans cet opéra une preuve supplémentaire d’un climat d’intolérance envers la foi chrétienne, où la provocation systématique remplace le talent artistique.
En Espagne, comme ailleurs, « Sancta » reste le symbole d’une fracture : celle entre un art qui se veut « sans limites » et une société qui réclame un minimum de décence et de respect pour le sacré.
Un révélateur des fractures culturelles européennes
Au-delà des réactions nationales, Sancta agit comme un révélateur des tensions qui traversent les sociétés européennes. Partout, un clivage apparaît entre défenseurs de la liberté artistique et publics plus attachés au respect des traditions religieuses.
Partout en Europe, des théologiens ont exprimé un profond agacement. En Autriche, le professeur de théologie Jan-Heiner Tück a critiqué une « fixation » sur les symboles catholiques qu’il juge être un « vieux cliché » (old fad). Selon lui, l’art de Holzinger ne cherche pas le dialogue mais utilise la religion comme un simple décor provocateur, ce qui est perçu comme une forme de paresse intellectuelle doublée d’un manque de respect pour la sensibilité des croyants.
Er is grote ophef ontstaan in Vlaanderen naar aanleiding van beelden van Studio Brussel (VRT) waarop te zien is hoe presentatoren met een hamer standbeelden van het Heilig Hart van Jezus en de Maagd Maria vernielen. Door een ongelukkige samenloop van omstandigheden werd de controversiële video gepubliceerd op de dag dat de film « Sacré-Coeur » in Vlaanderen uitkwam. De controverse nam toe omdat de makers in een interview toegaven dat ze niet op dezelfde manier zouden hebben gehandeld met symbolen uit de islam of het jodendom.
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Jezus x Blue Monday
De sessie waarbij de beelden werden verbrijzeld, vond plaats in het kader van « Blue Monday ». Afgelopen maandag 19 januari wordt door sommigen beschouwd als de meest deprimerende dag van het jaar. Bij die gelegenheid presenteerden VRT-gezichten Eva De Roo, Dries Lenaerts en Sam De Bruyn een live-uitzending op de visuele radio van Studio Brussel, waarbij ze zelfs twee beelden van Jezus (het Heilig Hart) en de Maagd Maria vernielden. Het doel van de uitzending was om luisteraars die depressief waren door « Blue Monday » te troosten door voorwerpen kapot te slaan in een « rage room ». “Er stond toevallig een oud Jezusbeeld,” aldus de presentatoren.
De verspreiding van deze beelden lokte felle reacties uit, onder meer van Colm Flynn, een Ierse journalist voor de BBC en correspondent voor andere zenders. Hij interviewde de drie Vlaamse presentatoren in Riga, Letland, waar van 22 tot 24 maart de Radiodays Europe (RDE) plaatsvonden. Hij publiceerde zijn video maandagavond 23 maart op X, waar deze binnen 24 uur al 1 miljoen keer werd bekeken.
“Je spreekt over wederzijds respect, maar denk je niet dat veel luisteraars het uiterst beledigend vinden om te zien hoe je een hamer pakt en Jezus in stukken slaat?” vroeg hij hen. Sam De Bruyn denkt “van niet, in België. We zijn geen erg religieus land. Ik denk dat ik in een ander land zeker voorzichtiger zou zijn geweest. In België is het geen groot probleem.”
De BBC-journalist is verbaasd over hun reactie. Sam De Bruyn legt vervolgens uit dat het beeld met de rug naar hen toe stond en al kapot was. Op dat moment toont de videomontage van RDE opnieuw de VRT-beelden, waarop duidelijk te zien is dat het beeld naar voren is gericht, compleet met hoofd en beide armen.
“Ik zou dit nooit doen met Mohammed of de Davidster”
Colm Flynn vraagt hem vervolgens: “Als je de video nu opnieuw zou maken, zou je dan een symbool van de profeet Mohammed kapotmaken?” Het team van Studio Brussel verklaart dat ze dat niet zouden doen: “Dat is heel gevaarlijk. Ik zou dat nooit doen met Mohammed. Nee,” zegt Sam De Bruyn. Ook niet met de Davidster voor het jodendom. “Dat zou ik niet doen. Nee. Nee. Dat is hetzelfde,” voegt Dries Lenaerts toe. “Ik denk dat we allemaal katholiek zijn opgevoed, dus dat geeft ons iets meer het recht om dit soort religieuze dingen te doen. Maar het is moeilijker als je het doet met een religie die je niet kent. Ik denk dat het ook heel gevaarlijk is.” Voor Colm Flynn is dit hypocrisie.
« We komen allemaal uit de christelijke traditie. Het is dus eerder een manier om de draak te steken met onszelf, » vertelt Eva De Roo. « Het is anders wanneer je het doet met een religie die je niet kent, » verzekert Sam De Bruyn. « We hadden het beter niet gedaan. We hebben er simpelweg niet diep genoeg over nagedacht, » concludeert Eva De Roo. “Als een luisteraar ons daarop zou aanspreken, zouden we die opbellen om er op de radio over te discussiëren,” besluiten ze.
Van links naar rechts : Sam De Bruyn, Dries Lenaerts en Eva De Roo
De VRT biedt excuses aan
Van haar kant verklaarde de VRT dat haar presentatoren de sketch verkeerd hadden ingeschat. « Eva en Dries bieden hun excuses aan. De video was humoristisch bedoeld, en ze hebben onderschat hoe gevoelig religieuze symbolen kunnen liggen. Ze begrijpen dat dit bepaalde mensen heeft kunnen kwetsen en zouden vandaag andere keuzes maken, » laat de publieke omroep weten, om vervolgens te vervolgen: « De VRT vindt het belangrijk dat al haar medewerkers respect tonen voor elke religie. Het gaat er voor ons niet om religies met elkaar te vergelijken, maar om welwillend om te gaan met de overtuigingen van iedereen. »
Cieltje Van Achter, Vlaams minister van Media, reageerde op X. Zij vindt dat de presentatoren van Studio Brussel hadden moeten nadenken voordat ze handelden. « Dit fragment was bijzonder onaangenaam. Als minister ga ik niet in de plaats van de VRT treden: de zender beschikt over redactionele autonomie. Maar die autonomie ontslaat niemand van zijn verantwoordelijkheden of van respect. Het is goed dat men achteraf erkent dat er beter over had moeten worden nagedacht. Je moet nadenken voordat je handelt. En ja, men moet met alle religies kunnen lachen, » schrijft ze op X.
Een golf van verontwaardiging
Eric de Beukelaer reageert op X: “Goed gezien, Colm — de BBC-journalist — met een paar vragen confronteer je deze respectloze presentatoren met hun eigen domheid.” Rik Torfs, voormalig rector van de KU Leuven en Vlaams influencer, schrijft op X: “Het is grappig om te zien hoe de sterren van Studio Brussel, die eerst zo zelfverzekerd waren, na slechts een paar eenvoudige vragen inhoudelijk volledig schaakmat worden gezet. Ik vind het echter lofwaardig dat Eva De Roo aan het eind toegeeft dat ze die christelijke afbeeldingen beter niet hadden kunnen vernielen en dat ze er onvoldoende over hadden nagedacht. Een fout maken betekent niet noodzakelijkerwijs, zeker niet in de christelijke traditie, dat alles verloren is.”
Op LN24 tonen de chroniqueurs Sacha Tavolieri en Fabrizio Bucella zich verontwaardigd: “Dit doet me pijn. Hoe is dit mogelijk op een publieke omroep? Zouden jullie accepteren dat de RTBF dit doet? Gaan we eindigen met het verbranden van boeken? Waar slaat dit op?”. Joker reageert op X: “Wat @VRT en @Ketnet hier doen is geen satire meer. Het gaat hier om een echte vernedering van de Kerk, en dat in kinderprogramma’s die door duizenden Belgische kinderen worden bekeken. Dit alles wordt rechtstreeks gefinancierd door onze belastingen.”
Paul Brennan vat de meerderheid van de commentaren onder de post van Colm Flynn op X goed samen: “Deze video vat in een paar woorden de achteruitgang van onze beschaving samen. Deze culturele en spirituele vandalen scheppen er genoegen in om de meest heilige symbolen van onze beschaving te vernietigen, en dat doet er niet toe want volgens hen is niemand meer gelovig… tja, niet iedereen is zo ongodsdienstig als zij. Natuurlijk zijn de antwoorden die ze gaven om uit te leggen waarom ze niet hetzelfde misprijzen zouden tonen voor de symbolen van andere religies niet verrassend… niet verrassend en erg deprimerend.”
Film Sacré-Coeur (Heilig Hart)
Ondertussen is de film Sacré-Coeur goed gestart aan zijn vertoningen in Vlaanderen, met goedgevulde zalen in Kinepolis Leuven en deze dinsdagavond in Kinepolis Brugge. De film komt deze week uit in België met zeven speciale voorstellingen verspreid over heel Vlaanderen en regelmatige programmeringen. Deze lowbudgetfilm was eind 2025 de verrassing in de Franse bioscopen met bijna 500.000 bezoekers.
Une vive polémique a éclaté en Flandre suite à une séquence filmée de Studio Brussel (VRT) montrant des animateurs détruisant avec un marteau des statues du Sacré-Coeur de Jésus et de la Vierge Marie. Malheureuse coïncidence, la vidéo polémique a été publiée le jour de la sortie du film « Sacré-Coeur » en Flandres. La controverse s’est intensifiée du fait que les auteurs ont admis en interview qu’ils n’auraient pas agi de la sorte avec des symboles issus de l’islam ou du judaïsme.
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Jésus x Bleu Monday
La session de brisage des statues s’inscrit dans le cadre du « Blue Monday ». Le lundi 19 janvier dernier est considéré par certains comme le jour le plus déprimant de l’année. À cette occasion, les animateurs vedettes de la VRT (radio télévision publique flamande) Eva De Roo, Dries Lenaerts et Sam De Bruyn ont animé une émission en direct sur la radio filmée Studio Brussel, allant jusqu’à détruire deux statues représentant Jésus (et le Sacré-Coeur) et la Vierge Marie. Le but de l’émission est de consoler les auditeurs déprimés par le “Blue Monday” en fracassant des objets dans une “rage room”. “Il y avait par hasard une vieille statue de Jésus”, racontent les animateurs.
La diffusion de ces images a suscité de vives réactions, notamment celle de Colm Flynn, journaliste irlandais pour la BBC et correspondant pour d’autres chaînes. Il a interviewé les trois animateurs flamands à Riga, en Lettonie, où se tenaient les Radiodays Europe (RDE) du 22 au 24 mars. Il a publié sa vidéo lundi 23 mars soir sur X et elle atteint déjà 1 million de vues en 24 heures:
Voyez cette video sous-titrée ici en français par notre rédaction:
“Vous parlez de respect mutuel mais tu ne penses pas que beaucoup d’auditeurs trouvent ça super offensant de te voir prendre un marteau et fracasser Jésus en morceaux ?” leur a-t-il lancé. Sam De Bruyn pense “qu’en Belgique, pas vraiment. On n’est pas un pays très religieux. Je pense que j’aurais fait plus attention dans un autre pays, c’est sûr. En Belgique, c’est pas un gros problème.”
Le journaliste de la BBC s’étonne de leur réaction. Sam de Bruyne explique alors que la statue a le dos tourné et était déjà cassée. A ce moment, le montage vidéo de RDE remontre la séquence de la VRT où on voit clairement que la statue est tournée vers l’avant avec sa tête et ses deux bras.
“Je ne ferais jamais ça avec Mahomet ni avec l’étoile de David”
Colm Flynn lui demande alors : ”Si tu refaisais la vidéo maintenant, tu casserais un symbole du prophète Mahomet ?” L’équipe de Studio Brussel déclare qu’elle ne le ferait pas : “Ça, c’est très dangereux. Je ne ferais jamais ça avec Mahomet. Non” dit Sam de Bruyn. Ni avec l’étoile de David pour le judaïsme. “Je ne le ferais pas. Non. Non. C’est pareil”, renchérit Dries Lenaerts. “Je pense qu’on a tous été élevés catholiques, donc ça nous donne un peu plus le droit de faire ces trucs religieux. Mais c’est plus dur si tu le fais avec une religion que tu ne connais pas. Je pense que c’est très dangereux aussi.” Pour Colm Flynn, c’est de l’hypocrisie.
« Nous sommes tous issus de la tradition chrétienne. C’est donc plutôt une façon de nous moquer de nous-mêmes », confie Eva De Roo. « C’est différent quand on le fait à propos d’une religion qu’on ne connaît pas », assure Sam De Bruyn. « On aurait mieux fait de ne pas le faire. On n’y a tout simplement pas réfléchi à fond”, conclut Eva de Roo. “Si un auditeur nous en faisait la remarque, on l’appellerait pour en discuter à la radio », finissent-ils.
De g. à dr. : Sam De Bruyn, Dries Lenaerts en Eva De Roo
La VRT présente ses excuses
De son côté, la VRT a déclaré que ses animateurs avaient mal évalué le sketch. « Eva et Dries présentent leurs excuses. La vidéo se voulait humoristique, et ils ont sous-estimé à quel point les symboles religieux peuvent être sensibles. Ils comprennent que cela ait pu heurter certaines personnes et feraient aujourd’hui d’autres choix », fait savoir le média public, avant de poursuivre : « La VRT estime qu’il est important que tous ses collaborateurs fassent preuve de respect envers chaque religion. Il ne s’agit pas pour nous de comparer les religions entre elles, mais de traiter avec bienveillance les convictions de chacun ».
Cieltje Van Achter, ministre flamande des Médias, a réagi sur X. Elle estime que les animateurs de Studio Brussel auraient dû réfléchir avant d’agir. « Ce passage était particulièrement déplaisant. En tant que ministre, je ne vais pas me substituer à la VRT : la chaîne dispose d’une autonomie éditoriale. Mais cette autonomie ne dispense personne de ses responsabilités ni du respect. Il est bon que l’on reconnaisse à la fin qu’il aurait fallu y réfléchir davantage. Il faut réfléchir avant d’agir. Et oui, on doit pouvoir rire de toutes les religions », écrit-elle sur X.
Ce mardi 24 mars, les animateurs de la VRT ont également présenté leurs excuses.
Un flot d’indignations
Eric de Beukelaer, réagit sur X : “Bien vu, Colm – le journaliste de la BBC – , en quelques questions, vous mettez ces animateurs irrespectueux face à leur bêtise.” Rik Torfs, ancien recteur de la KUL et influenceur flamand écrit sur X: “C’est drôle de voir comment les stars de Studio Brussel, d’abord si sûres d’elles, se retrouvent complètement mises en échec sur le fond après seulement quelques questions simples. Je trouve toutefois louable qu’Eva De Roo admette à la fin qu’ils auraient mieux fait de ne pas détruire ces représentations chrétiennes et qu’ils n’y avaient pas suffisamment réfléchi. Commettre une erreur ne signifie pas nécessairement, surtout dans la tradition chrétienne, que tout est perdu.”
Sur LN24, les chroniqueurs Sacha Tavolieri et Fabrizio Bucella sont offusqués : “Cela me fait de la peine. Comment est-ce possible sur un média public ? Vous accepteriez que la RTBF fasse cela ? On va finir par brûler des livres ? A quoi ça rime ?”. Joker réagit sur X : “Ce que @VRT et @Ketnet font ici n’est plus de la satire. Il s’agit là d’un véritable dénigrement de l’Église, et ce dans des émissions pour enfants regardées par des milliers d’enfants belges. Tout cela est directement financé par nos impôts.”
Paul Brennan résume bien une majorité de commentaires sous la publication de Colm Flynn sur X : “Cette vidéo résume en quelques mots le déclin de notre civilisation. Ces vandales culturels et spirituels se réjouissent de détruire les symboles les plus sacrés de notre civilisation, et cela n’a aucune importance car, selon eux, plus personne n’est croyant… enfin, tout le monde n’est pas aussi irréligieux qu’eux. Bien sûr, les réponses qu’ils ont données pour expliquer pourquoi ils ne manifesteraient pas le même mépris envers les symboles d’autres religions ne sont pas surprenantes… pas surprenantes et très déprimantes.”
Film Sacré-Coeur
Pendant ce temps, le film Sacré-Coeur a bien débuté ses projections en Flandres avec des salles bien remplies au Kinepolis Leuven et ce mardi soir au Kinepolis Brugge. Le film sort en Belgique cette semaine avec sept séances spéciales un peu partout en Flandres et des programmations régulières. Ce film à petit budget a été la bonne surprise des salles de cinéma en France fin 2025 avec près de 500.000 entrées.
Après plus de 140 ans de travaux, le chef-d’œuvre d’Antoni Gaudí s’apprête enfin à décrocher son titre le plus prestigieux. Avec l’achèvement imminent de la tour de Jésus-Christ, la basilique catalane culminera à 172,5 mètres, devenant officiellement l’église la plus haute du monde.
Stitched Panorama
Un record historique en ligne de mire
Jusqu’ici, pour trouver le sommet de la chrétienté, il fallait regarder vers le nord, du côté de la flèche de la cathédrale d’Ulm, en Allemagne, qui domine l’Europe du haut de ses 161,5 mètres. Mais à Barcelone, le paysage change. La construction de la tour centrale, dédiée à Jésus-Christ, entre dans sa phase finale.
Une fois la croix géante installée à son sommet, la Sagrada Família dépassera sa rivale allemande de onze mètres, mettant fin à un règne qui durait depuis 1890.
La vision mystique de Gaudí
Si ce chiffre de 172,5 mètres impressionne, il n’est pas le fruit du hasard. Fidèle à sa philosophie, Antoni Gaudí ne souhaitait pas que l’œuvre de l’homme dépasse celle de la nature. Il avait ainsi calculé la hauteur de la basilique pour qu’elle reste un mètre en dessous de la colline de Montjuïc, le point culminant de Barcelone.
« L’œuvre de l’homme ne doit pas surpasser celle de Dieu », aimait à dire l’architecte catalan.
Une basilique dédiée à la sainte famille : Jésus, Marie et Joseph
En 1866, Josep Maria Bocabella, un modeste libraire barcelonais, fonde l’Association des dévots de Saint Joseph. Son ambition ? Construire un temple « expiatoire », financé uniquement par l’aumône, pour contrer les maux d’une époque qu’il juge en décomposition.
À la fin du XIXe siècle, Barcelone est une poudrière. La révolution industrielle a engendré une urbanisation sauvage, et les tensions entre la bourgeoisie et une classe ouvrière de plus en plus attirée par l’anarchisme inquiètent l’Église. Pour Bocabella, et plus tard pour Gaudí, le thème de la Sainte Famille (Jésus, Marie et Joseph) est la réponse spirituelle à cette crise.
En mettant en avant la figure de Joseph, le charpentier, l’Église propose aux ouvriers un modèle de sainteté par le travail et l’humilité. Le temple ne devait pas être qu’un monument, mais un phare moral rappelant les valeurs de la cellule familiale traditionnelle au cœur d’une cité en pleine mutation.
Lorsqu’il hérite du projet en 1883, Gaudí, dont la foi devient de plus en plus ardente, décide de transformer ce qui devait être une église néogothique classique en une « Bible de pierre ». Pour lui, chaque élément architectural doit porter un message théologique.
Le choix de la Sainte Famille dicte la structure tripartite de l’édifice. Gaudí conçoit trois façades comme les chapitres d’un livre :
La Naissance : Une explosion de vie où la nature entière semble célébrer la venue au monde de l’enfant Jésus. C’est la glorification de la famille et de la création.
La Passion : Un récit dépouillé et douloureux du sacrifice du Christ, rappelant le prix du salut.
La Gloire : Le futur couronnement de l’humanité, dont le chantier se poursuit encore aujourd’hui.
Aujourd’hui, alors que l’édifice s’apprête à devenir la plus haute église du monde, le thème choisi par Bocabella et magnifié par Gaudí dépasse les frontières de la religion. Il reste le témoignage d’un architecte qui croyait fermement que l’on pouvait soigner les fractures d’une société en lui offrant une maison commune, inspirée par la simplicité d’un foyer de Nazareth.
Un chantier hors norme
Commencée en 1882, la basilique a traversé les guerres, les crises économiques et, plus récemment, une pandémie mondiale. Pourtant, le comité de construction maintient désormais un cap précis pour l’achèvement de la structure principale.
Longtemps, la Sagrada Família fut surnommée « la cathédrale des pauvres » ou « le chantier sans fin ». Mais aujourd’hui, grâce à la conception assistée par ordinateur et à l’impression 3D de pierre, le rêve de Gaudí devient réalité à une vitesse prodigieuse.
L’usage de techniques modernes, comme la pierre précontrainte et la conception assistée par ordinateur, a permis d’accélérer un processus que beaucoup pensaient éternel. Le monument, déjà classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année plus de 4 millions de visiteurs, impatients de voir l’échafaudage millénaire enfin disparaître.
Le destin d’Antoni Gaudí fascine plus que jamais. Entre architecture organique, dévotion religieuse et une fin tragique, retour sur la vie de celui que l’on surnomme désormais « l’architecte de Dieu ».
Un architecte inspiré par la nature
Né en 1852 en Catalogne, Antoni Gaudí a révolutionné l’architecture avec son style moderniste, puisant son inspiration dans les formes organiques et végétales de la nature : arbres, os et coquillages. Diplômé en 1878, il se fait rapidement un nom à Barcelone, soutenu par son mécène Eusebi Güell. Mais c’est en 1883 qu’il accepte le projet de sa vie : la Sagrada Família. Au fil des ans, Gaudí délaisse ses autres commandes pour se consacrer exclusivement à ce « temple expiatoire ».
Une foi profonde et une vie d’ascète
La vie de Gaudí est marquée par une évolution spirituelle intense. D’abord dandy dans sa jeunesse, il s’isole progressivement du monde pour mener une vie de piété et d’austérité. Pour lui, son travail était un acte de foi, une « Bible de pierre » destinée à glorifier le divin. Cette ferveur l’a poussé à des pratiques extrêmes, comme un jeûne de 40 jours qui faillit lui coûter la vie en 1894.
Une fin tragique et anonyme
Le 7 juin 1926, alors qu’il se rendait comme chaque jour à l’église pour prier, Gaudí est renversé par un tramway. À cause de son apparence négligée et de l’absence de papiers d’identité, il est pris pour un mendiant. Les secours tardent et il est transporté dans un hospice pour les plus démunis. Reconnu trop tard par ses amis, il s’éteint trois jours plus tard, le 10 juin 1926, à l’âge de 73 ans.
On a retrouvé quelques objets dans ses poches, qui nous en aprennent sur Antoni Gaudi, architecte de renoim mais surtout un homme tourné vers la spiritualité et l’ascétisme : un livre des Évangiles qu’il l’avait souvent avec lui pour ses lectures quotidiennes, un chapelet, signe de sa piété constante, quelques fruits secs et des cacahuètes, c’était souvent sa seule nourriture, car il suivait un régime extrêmement frugal, une petite clé, probablement celle de son bureau à la Sagrada Família mais aucun papier d’identité : C’est ce détail crucial qui a conduit à son anonymat tragique à l’hôpital.
Vers la sainteté : Gaudí déclaré « Vénérable »
L’héritage de Gaudí dépasse aujourd’hui le cadre de l’architecture. Le 14 avril 2025, le pape François a officiellement reconnu ses « vertus héroïques » en le déclarant Vénérable. Cette étape cruciale du processus de canonisation pourrait mener à sa béatification, si un miracle lui est attribué.
Fidèle à son œuvre jusqu’au bout, Antoni Gaudí repose aujourd’hui dans la crypte de la Sagrada Família, dans la chapelle de la Virgen del Carmen. De sa dernière demeure, il veille sur l’achèvement de sa tour centrale qui, depuis le 20 février 2026, culmine enfin à 172,5 mètres pour le centenaire de sa mort.
« Ici, les cendres d’un si grand homme attendent la résurrection des morts. » — Inscription sur sa pierre tombale.
Le Parc Güell : Quand le rêve immobilier de Gaudí devint un jardin d’Éden
Né d’un échec commercial cuisant au début du XXe siècle, le Parc Güell est aujourd’hui le joyau de Barcelone. Entre l’explosion de couleurs du célèbre « trencadís » et une ingénierie naturelle révolutionnaire, plongée dans le manifeste écologique et mystique d’Antoni Gaudí.
Sur les hauteurs de la colline d’El Carmel, là où le vent de la Méditerranée vient caresser les pins parasols, se dresse l’une des œuvres les plus singulières de l’histoire de l’architecture. Le Parc Güell, avec ses formes ondulantes et sa salamandre multicolore, accueille chaque année des millions de visiteurs. Pourtant, ce parc mondialement célèbre ne devait, à l’origine, jamais être un jardin public.
L’utopie d’une cité-jardin
Tout commence en 1900. L’industriel Eusebi Güell, mécène de toujours d’Antoni Gaudí, confie à l’architecte un projet ambitieux : créer une cité-jardin luxueuse sur le modèle britannique. L’idée est de bâtir soixante résidences haut de gamme, loin de la fumée des usines du centre-ville, offrant une vue imprenable sur la mer et un cadre de vie sain.
Mais le projet est un fiasco. L’éloignement du centre et les conditions de transport de l’époque découragent les acheteurs. En 1914, le chantier s’arrête : seules deux maisons ont été construites. Ce qui devait être un quartier privé devient, par la force des choses, un parc privé loué pour des événements, avant d’être racheté par la mairie de Barcelone en 1922 pour devenir le parc public que nous connaissons.
Une architecture qui « pousse » comme une plante
Pour Gaudí, le Parc Güell fut un laboratoire à ciel ouvert. Refusant de niveler la colline, il choisit d’adapter son architecture au relief. C’est ici que son concept de « naturalisme » atteint son apogée. Les viaducs de pierre semblent sortir de terre comme des racines pétrifiées, et les colonnes inclinées imitent des troncs de palmiers.
L’élément le plus emblématique reste la Place de la Nature, une immense esplanade bordée par un banc serpentin de 110 mètres de long. Ce banc est une prouesse de design : recouvert de trencadís — ces éclats de céramique recyclée assemblés en mosaïques — il est surtout d’une ergonomie parfaite. Gaudí aurait fait asseoir un ouvrier dans le plâtre frais pour mouler la courbure idéale du dos humain.
Un chef-d’œuvre d’ingénierie invisible
Sous l’esthétique féerique se cache une prouesse technique méconnue. La grande place n’est pas seulement un belvédère ; elle est conçue comme un gigantesque entonnoir. Le sable de l’esplanade filtre l’eau de pluie, qui s’écoule à l’intérieur des colonnes creuses de la salle souterraine (la Salle Hypostyle) pour remplir une citerne géante de 1 200 mètres cubes.
Cette eau servait à l’arrosage du parc, une solution écologique avant l’heure. Le célèbre dragon (ou salamandre) à l’entrée n’est d’ailleurs que le « trop-plein » décoratif de ce système hydraulique complexe.
La demeure du génie
Ironie du sort, l’une des rares maisons construites fut habitée par Gaudí lui-même de 1906 à 1925. C’est dans ce cadre, entouré de ses propres inventions, qu’il a conçu les plans de la Sagrada Família. Aujourd’hui transformée en musée, la maison permet d’approcher l’intimité d’un homme qui vivait au milieu de ses rêves de pierre.
En 1984, l’UNESCO a inscrit le parc au Patrimoine mondial de l’humanité. Plus qu’un jardin, le Parc Güell est le testament d’un homme qui pensait que l’architecture ne devait pas seulement abriter les corps, mais aussi élever les âmes en les reconnectant à la nature. Un siècle plus tard, alors que la foule se presse sur le banc ondulé pour admirer le coucher du soleil sur Barcelone, l’échec immobilier de Güell apparaît comme le plus beau cadeau jamais offert à la ville.
La Casa Batlló : Quand la pierre se fait chair au cœur de Barcelone
Surnommée la « Maison des Baissellements » ou la « Maison des Os », la Casa Batlló n’est pas qu’un simple immeuble du Passeig de Gràcia. C’est un manifeste organique où Antoni Gaudí a transcendé l’architecture pour créer une œuvre vivante. Cent vingt ans après sa métamorphose, ce joyau du modernisme continue de redéfinir l’identité visuelle de la capitale catalane.
Par notre envoyé spécial à Barcelone
Il faut s’arrêter un instant sur le trottoir du prestigieux Passeig de Gràcia pour mesurer le choc visuel. Entre les façades rectilignes de la bourgeoisie barcelonaise du début du XXe siècle, la Casa Batlló ondule comme une créature marine échouée. Ici, la ligne droite a été bannie. Les balcons ressemblent à des masques vénitiens ou à des fragments de crânes, tandis que la façade scintille de mille éclats de verre et de céramique, changeant de couleur selon l’inclinaison du soleil.
Casa Batlló (Antoni Gaudi) (atrium), 43, Passeig de Gràcia, Eixample, Barcelona, Catalonia, Spain.
La métamorphose d’un immeuble ordinaire
En 1904, l’industriel textile Josep Batlló confie à Gaudí la rénovation d’un bâtiment conventionnel construit trente ans plus tôt. Là où Batlló imaginait une démolition, Gaudí impose une métamorphose. Il ne se contente pas de redécorer ; il sculpte.
L’architecte remplace le rez-de-chaussée par une structure de grès aux colonnes en forme d’os, d’où le surnom populaire de Casa dels ossos. Il élargit les fenêtres pour laisser entrer une lumière qu’il considère comme sacrée. À l’intérieur, les plafonds s’enroulent comme des tourbillons et les portes de chêne semblent avoir été modelées par la main de la nature plutôt que par des outils de menuisier.
La légende de Saint Georges gravée dans la pierre
L’héritage de la Casa Batlló réside aussi dans sa puissance narrative. Pour beaucoup d’historiens de l’art, le toit de l’édifice est une allégorie de la légende de Sant Jordi (Saint Georges), le saint patron de la Catalogne.
Le dos du dragon : Le toit ondulé, recouvert de tuiles en céramique vitrifiée qui changent de couleur (du vert au bleu en passant par le violet), représente l’échine de la bête.
L’épée victorieuse : La tour couronnée d’une croix à quatre bras symbolise l’épée de Saint Georges plantée dans le dos du monstre.
Les victimes : Les balcons en forme de crânes et les colonnes en forme d’os rappellent les restes des victimes du dragon.
Une révolution de la lumière et de l’air
Au-delà de l’esthétique, Gaudí a laissé un héritage technique révolutionnaire. Le puits de lumière central est un chef-d’œuvre d’ingénierie climatique. Pour garantir une luminosité uniforme, l’architecte a utilisé des dégradés de carreaux bleus : plus foncés en haut (où la lumière est intense) et plus clairs en bas.
Il a également inventé un système de ventilation ingénieux via des fentes mobiles dans le bois des fenêtres, permettant de réguler la température sans courants d’air. C’est cette attention obsessionnelle aux détails fonctionnels qui fait de Gaudí le précurseur du design global.
Un héritage qui défie le temps
Aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Casa Batlló est devenue le symbole d’une Barcelone audacieuse qui refuse la monotonie. Son influence se retrouve dans l’architecture contemporaine dite « biomorphique », où les bâtiments tentent de s’inspirer des structures naturelles pour être plus durables et humains.
Alors que la ville s’apprête à célébrer le centenaire de la mort de son maître en 2026, la Casa Batlló reste le témoignage d’une époque où l’imagination n’avait pas de limites. Elle nous rappelle qu’une maison peut être bien plus qu’un abri : elle peut être un poème, un dragon et une leçon de vie.
+29% du nombre de baptêmes d’ados et d’adultes en Belgique en 2026
Le nombre d’adultes et d’ados candidats au baptême dans l’Église catholique en Belgique augmente de +29% en 2026, pour atteindre 689, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. En 2025, ils étaient 534, et il y a dix ans, en 2016 : 229. C’est donc un triplement par rapport en 10 ans même si le chiffre absolu reste modeste par rapport au nombre total de baptisés en Belgique. Ces chiffres concerne des adolescents et des adultes entrés dans une démarche de foi en vue du baptême. Loin d’être un simple sursaut nostalgique, ce phénomène touche majoritairement une génération de jeunes adultes, souvent âgés de 18 à 35 ans, qui n’ont pas grandi dans la foi.
70% des nouveaux baptisés dans des paroisses francophones
Fait interpellant, plus de 70% des nouveaux baptisés le seront dans des paroisses francophones selon les statistiques diffusées par l’Eglise catholique.
Flandres : Anvers 57, Bruges 9, Gand 38, Hasselt 25
Archidiocèse de Malines-Bruxelles : 248 divisé en Brabant Flamand & Mechelen 53, Bruxelles-Capitale 152 (principalement francophone avec de nombreuses communautés étrangères) et Brabant Wallon 43
Wallonie : Tournai 177, Liège 79, Namur 56
Ce boom des catéchumènes témoigne d’un engagement personnel croissant et constitue un indicateur de vitalité pour l’Église catholique en Belgique. C’est un paradoxe qui bouscule les certitudes d’une société de plus en plus sécularisée : alors que la pratique religieuse traditionnelle semble s’étioler, la Belgique assiste à un rebond du nombre de nouveaux baptisés.
Les principales raison de l’augmentation du nombre de nouveaux baptisés
Ce phénomène interpelle les sociologues et les observateurs. Pour comprendre ce renouveau, il faut regarder au-delà des dogmes. Ces nouveaux convertis évoquent souvent une quête de sens radicale dans un monde perçu comme instable, liquide et saturé d’écrans. Le baptême n’est plus ici un rite social hérité de la famille, mais un choix personnel, mûrement réfléchi, visant à trouver un ancrage spirituel solide et une forme d’intériorité face à l’accélération du quotidien.
D’après des études, 70% des nouveaux baptisés déclarent avoir nourri leur foi via les réseaux sociaux, notamment les influenceurs. Les ventes de bibles sont également en forte augmentation. Selon les données de GfK et de la librairie La Procure, les ventes de Bibles ont bondi de 16 % à 20 % en France sur l’année 2024.
De même, le nombre de recherches d’horaires de messes sur egliseinfo.be, le GPS des clochers de Belgique francophone, illustre cette même croissance. De nombreuses personnes veulent tout simplement assister à une messe par curiosité avant de débuter un chemi vers le baptême. Enfin, relevons que de nombreux parents ne baptisent plus leurs bébés afin de leur laisser le choix plus tard.
L’émergence d’une foi d’adhésion
Ce dynamisme témoigne d’une mutation profonde : si le catholicisme culturel s’efface en Belgique, une foi d’adhésion émerge. Ces catéchumènes, issus de tous horizons, dessinent le visage d’une Église plus minoritaire, certes, mais particulièrement fervente. Ce retour au sacré, vécu comme une boussole dans la tempête moderne, prouve que le besoin de transcendance reste une composante majeure de l’identité belge contemporaine.
Ce 18 février, mercredi des Cendres, marque le début du Carême, période pendant laquelle les chrétiens se préparent à Pâques, fête de la Résurrection et sommet de l’année liturgique. Pour les catéchumènes, c’est-à-dire les candidats adultes au baptême, ce temps revêt une importance particulière : ils se préparent plus intensément à recevoir le baptême lors de la nuit de Pâques, qui aura lieu le 4 avril 2026.
Beaucoup connaissent Ferrero Rocher pour leurs fameux chocolats aux noisettes, mais le lien profond qui unit la compagnie à Notre-Dame de Lourdes est moins connu. C’est une anecdote fascinante qui mêle marketing mondial et ferveur religieuse. Ce lien est direct et assumé par la famille Ferrero, bien que peu connu du grand public.
Le rocher de Massabielle
Michele Ferrero, le fils du fondateur de l’entreprise Ferrero (Nutella, Kinder, Rocher etc) et l’homme qui a transformé la marque en empire mondial, était un fervent catholique. Il se rendait chaque année en pèlerinage à Lourdes et exigeait que ses cadres l’accompagnent.
Il avait une grande dévotion pour la Vierge Marie et il souhaitait l’honorer également à travers son travail. Le nom « Rocher » n’a pas été choisi au hasard pour évoquer simplement une texture croquante. Il s’agit d’un hommage à la Grotte de Massabielle, le lieu où la Vierge Marie serait apparue à Bernadette Soubirous. En français, cette grotte est souvent désignée comme le « Rocher de Massabielle ».
À la lumière de cela, beaucoup voient dans la coquille de chocolat croustillante et dans son emballage doré un rappel symbolique irrégulier à ce tapis Lourdes, si cher à l’entrepreneur piémontais. Sa forme irrégulière et rocailleuse est conçue pour rappeler la paroi rocheuse de la grotte de Lourdes. L’emballage doré et le petit socle en papier plissé ajoutent une dimension précieuse, mais le cœur du design est un rappel géologique de ce lieu sacré.
“Nous devons le succès de Ferrero à Notre-Dame de Lourdes”
À l’occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l’entreprise, Michele Ferrero a déclaré : « Nous devons le succès de Ferrero à Notre-Dame de Lourdes ; sans elle, nous ne pouvons pas faire beaucoup ».
Dans une interview en 2023, le père Mauricio Elias, aumônier du Sanctuaire de Lourdes, a rappelé que « M. Ferrero avait une grande dévotion pour la Vierge de Lourdes ; il venait souvent à Lourdes et était un bienfaiteur ». « C’était un homme qui venait toujours ici, il avait beaucoup de dévotion pour la Vierge, il avouait, il menait une vie chrétienne» ajouta le prêtre.
On dit que Ferrero faisait chaque année un pèlerinage à Lourdes et qu’il organisait aussi des voyages pour ses employés. Ils ont également placé une statue de la Vierge Marie dans chacune des 14 usines de fabrication du groupe dans le monde.
Michele Ferrero est décédé le 14 février 2015, à l’âge de 89 ans. Peu avant, une inondation avait gravement endommagé le sanctuaire de Lourdes. L’entrepreneur avait promis «un gros don pour compenser ce qui était perdu» ; après sa mort, les enfants ont tenu la promesse de leur père, contribuant spécifiquement aux travaux de réparation.
« Travailler, Créer, Donner »
La famille Ferrero est l’une des dynasties les plus riches et les plus discrètes au monde, et à la première position en Italie. Leur approche de la richesse est indissociable d’une philosophie sociale et chrétienne héritée du patriarche Michele Ferrero, résumée par la devise de leur fondation : « Travailler, Créer, Donner ». La fortune personnelle de Giovanni Ferrero (seul fils survivant de Michele) est estimée à environ 41,6 milliards de dollars (selon Forbes en février 2026), ce qui le place autour de la 45e position mondiale. Le Groupe Ferrero reste 100 % familial et non coté en bourse. Il a réalisé un chiffre d’affaires record de plus de 19 milliards d’euros lors du dernier exercice fiscal. L’empire emploie désormais près de 50 000 collaborateurs à travers le monde et gère 36 usines.
Au-delà de Nutella, Kinder et Rocher, la famille possède désormais des marques emblématiques comme les biscuits Delacre, les glaces Wells (Häagen-Dazs aux USA) et a récemment finalisé l’intégration des céréales de WK Kellogg Co.
La générosité sociale
La générosité de la famille ne s’exprime pas seulement par des dons ponctuels, mais par une structure sociale intégrée à l’entreprise : la Fondation Piera, Pietro et Giovanni Ferrero. La « générosité » Ferrero est souvent décrite comme un paternalisme social. Michele Ferrero estimait que pour demander beaucoup à ses employés (qualité, fidélité), l’entreprise devait leur rendre beaucoup en retour (sécurité, bien-être familial).
La dimension catholique est le moteur originel de la philanthropie de la famille Ferrero, bien que l’entreprise communique aujourd’hui davantage sur ses actions sociales et environnementales globales (RSE).
Pour leurs actions de terrain à grande échelle, la famille et le groupe collaborent avec des organisations reconnues, par exemple « Save the Children » : Un partenariat majeur (plus de 8 millions d’euros investis récemment) pour lutter contre le travail des enfants dans les plantations de cacao, améliorer l’éducation et la nutrition en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Michele Ferrero était un « bienfaiteur » majeur du sanctuaire de Lourdes. Chaque année, la famille finance intégralement le pèlerinage à Lourdes pour des milliers d’employés et de retraités du groupe, prenant en charge le transport, l’hébergement et l’organisation. Des statues de la Vierge de Lourdes sont installées à l’entrée ou dans les jardins de presque toutes les usines de production du groupe dans le monde (plus d’une vingtaine de sites).
Leurs projets en Afrique et en Asie (Projet Entrepreneurial Michele Ferrero) sont souvent décrits par la famille comme une mise en pratique de la doctrine sociale de l’Église. Ils collaborent ponctuellement avec des structures missionnaires locales pour la construction d’écoles ou de dispensaires dans les régions où ils s’implantent.
Aujourd’hui, sous la direction de Giovanni Ferrero, la communication est devenue plus laïque et « professionnelle ». Les dons aux œuvres catholiques sont plus discrets et souvent effectués à titre personnel ou via des holdings familiales, tandis que la Fondation Ferrero officielle se concentre sur l’art, la santé et le soutien aux anciens employés. Malgré cette opulence, Giovanni Ferrero vit de manière très discrète à Bruxelles. Il est également écrivain à ses heures perdues, ayant publié huit romans, ce qui en fait l’un des milliardaires les plus atypiques du secteur industriel.
Malgré les turbulences récentes, environ 500 participants liés au couvent Saint-Antoine des franciscains de Bruxelles se sont rassemblés ce week-end au sanctuaire de la Vierge des Pauvres de Banneux. Entre louanges, témoignages poignants et ferveur retrouvée, l’événement a marqué une étape pour la communauté.
C’est un flot de visages joyeux qui a investi le sanctuaire de Banneux du 6 au 8 février 2026. De nombreux jeunes en quête de sens et adultes de tous horizons ont répondu à l’appel. Le thème, tiré du livre de Néhémie, résonnait comme un défi et une promesse : « La joie du Seigneur, voilà votre force ! ». Comme d’habitude, la musique et les célébrations étaient très entraînantes. Le soleil a aussi réjoui l’atmosphère.
Un climat d’apaisement
Ce grand rassemblement ne se déroulait pas dans un contexte ordinaire. Le départ récent de deux frères franciscains – sur les quatre – avait suscité des inquiétudes, des incompréhensions et une polémique, laissant planer une ombre sur la communauté, en attendant les résultats de l’écoute et de l’enquête canonique. “Le bruit médiatique autour de ces départs en a fait malheureusement des coupables présumés alors que l’enquête ne fait que débuter. Ceci a suscité une grande vague d’incompréhensions parmi de nombreux participants”, explique un fidèle du couvent.
Évidemment, une certaine tristesse était perceptible et l’avenir du couvent était dans les discussions. Pourtant, dès la veillée du vendredi soir, l’atmosphère a atténué les doutes. Ce week-end n’était pas celui des justifications, mais celui du recentrement sur l’essentiel : la foi et la communion.
L’espérance fut particulièrement perceptible dimanche midi lorsque de nombreux participants ont prié en imposant les mains – comme le pratiquaient déjà les premiers chrétiens – sur les deux franciscains qui restent au couvent. « Cette prière était très intense et remplie d’espérance », témoigne René.
Lors de la veillée de vendredi soir, une jeune femme a développé l’évangile des noces de Cana : « Les outres des noces de Cana sont nos manques et nos intentions. La transformation de l’eau en vin est une espérance pour ceux qui prient et un appel à la patience. »
Un cœur de chair
Le samedi matin, l’enseignement sur la promesse d’Ézékiel — « J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » — a donné le ton. La dimension concrète de cette transformation a été illustrée par le témoignage bouleversant des jeunes du Cénacolo, racontant leur passage des ténèbres de l’addiction à la lumière de la vie communautaire.
L’après-midi, le programme s’est diversifié en ateliers, abordant aussi bien les dangers du paranormal, la figure de Marie-Madeleine que des thèmes spirituels : «Vivre la joie parfaite comme laïc aujourd’hui » et « Vivre sous le regard du Père, telle est ma force ».
Le témoignage de Jean-Luc Garnier a particulièrement marqué les esprits, offrant un récit de vie ancré dans l’espérance. Ancien rappeur enfermé dans la drogue, la violence et le sexe, il a lancé « Amen, Oui je croiX », un lieu d’évangélisation et d’organisation d’événements où l’on peut exercer ses talents au service du Seigneur. De même, le témoignage de conversion de son épouse Laurence a touché les coeurs de nombreux participants. Elle a notamment raconté son tour de France à pied en portant la croix et suscitant de nombreuses rencontres.
Une grande veillée d’adoration et de réconciliation a eu lieu le samedi soir. Ce fut un moment de prière intense et de paix, point d’orgue spirituel du week-end.
« Vous êtes la lumière du monde »
Le rassemblement s’est clôturé ce dimanche par une messe d’envoi présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège. L’Evangile du jour invitait les catholiques à être le sel de la terre et la lumière du monde. Son homélie a conforté les participants dans leur mission : « La joie donne la force et inversement la force donne la joie ».
À 16h, alors que les voitures quittaient le sanctuaire, le sentiment d’une « Église en marche », capable de surmonter ses crises par la prière collective, était palpable. Banneux a une fois de plus prouvé qu’à la source de la Vierge des Pauvres, l’espérance ne s’épuise jamais.
Sur les réseaux sociaux, notamment via les comptes Instagram de la Jeunesse Franciscaine de Bruxelles (JEFRA) et de @repare_mon_eglise, les images partagées témoignent de l’intensité du week-end.