Comment comprendre la croissance du nombre de nouveaux baptisés ados et adultes en Belgique ? 

+29% du nombre de baptêmes d’ados et d’adultes en Belgique en 2026

Le nombre d’adultes et d’ados candidats au baptême dans l’Église catholique en Belgique augmente de +29% en 2026, pour atteindre 689, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. En 2025, ils étaient 534, et il y a dix ans, en 2016 : 229. C’est donc un triplement par rapport en 10 ans même si le chiffre absolu reste modeste par rapport au nombre total de baptisés en Belgique. Ces chiffres concerne des adolescents et des adultes entrés dans une démarche de foi en vue du baptême. Loin d’être un simple sursaut nostalgique, ce phénomène touche majoritairement une génération de jeunes adultes, souvent âgés de 18 à 35 ans, qui n’ont pas grandi dans la foi.

70% des nouveaux baptisés dans des paroisses francophones

Fait interpellant, plus de 70% des nouveaux baptisés le seront dans des paroisses francophones selon les statistiques diffusées par l’Eglise catholique. 

  • Flandres : Anvers 57, Bruges 9, Gand 38, Hasselt 25
  • Archidiocèse de Malines-Bruxelles : 248 divisé en Brabant Flamand & Mechelen 53, Bruxelles-Capitale 152 (principalement francophone avec de nombreuses communautés étrangères) et Brabant Wallon 43
  • Wallonie : Tournai 177, Liège 79, Namur 56

Ce boom des catéchumènes témoigne d’un engagement personnel croissant et constitue un indicateur de vitalité pour l’Église catholique en Belgique. C’est un paradoxe qui bouscule les certitudes d’une société de plus en plus sécularisée : alors que la pratique religieuse traditionnelle semble s’étioler, la Belgique assiste à un rebond du nombre de nouveaux baptisés. 

Les principales raison de l’augmentation du nombre de nouveaux baptisés

Ce phénomène interpelle les sociologues et les observateurs. Pour comprendre ce renouveau, il faut regarder au-delà des dogmes. Ces nouveaux convertis évoquent souvent une quête de sens radicale dans un monde perçu comme instable, liquide et saturé d’écrans. Le baptême n’est plus ici un rite social hérité de la famille, mais un choix personnel, mûrement réfléchi, visant à trouver un ancrage spirituel solide et une forme d’intériorité face à l’accélération du quotidien. 

D’après des études, 70% des nouveaux baptisés déclarent avoir nourri leur foi via les réseaux sociaux, notamment les influenceurs. Les ventes de bibles sont également en forte augmentation. Selon les données de GfK et de la librairie La Procure, les ventes de Bibles ont bondi de 16 % à 20 % en France sur l’année 2024. 

De même, le nombre de recherches d’horaires de messes sur egliseinfo.be, le GPS des clochers de Belgique francophone, illustre cette même croissance. De nombreuses personnes veulent tout simplement assister à une messe par curiosité avant de débuter un chemi vers le baptême. Enfin, relevons que de nombreux parents ne baptisent plus leurs bébés afin de leur laisser le choix plus tard.

L’émergence d’une foi d’adhésion

Ce dynamisme témoigne d’une mutation profonde : si le catholicisme culturel s’efface en Belgique, une foi d’adhésion émerge. Ces catéchumènes, issus de tous horizons, dessinent le visage d’une Église plus minoritaire, certes, mais particulièrement fervente. Ce retour au sacré, vécu comme une boussole dans la tempête moderne, prouve que le besoin de transcendance reste une composante majeure de l’identité belge contemporaine.

Ce 18 février, mercredi des Cendres, marque le début du Carême, période pendant laquelle les chrétiens se préparent à Pâques, fête de la Résurrection et sommet de l’année liturgique. Pour les catéchumènes, c’est-à-dire les candidats adultes au baptême, ce temps revêt une importance particulière : ils se préparent plus intensément à recevoir le baptême lors de la nuit de Pâques, qui aura lieu le 4 avril 2026.