Le lien surprenant entre Ferrero Rocher et la grotte de Notre-Dame de Lourdes

Beaucoup connaissent Ferrero Rocher pour leurs fameux chocolats aux noisettes, mais le lien profond qui unit la compagnie à Notre-Dame de Lourdes est moins connu. C’est une anecdote fascinante qui mêle marketing mondial et ferveur religieuse. Ce lien est direct et assumé par la famille Ferrero, bien que peu connu du grand public.

Le rocher de Massabielle

Michele Ferrero, le fils du fondateur de l’entreprise Ferrero (Nutella, Kinder, Rocher etc) et l’homme qui a transformé la marque en empire mondial, était un fervent catholique. Il se rendait chaque année en pèlerinage à Lourdes et exigeait que ses cadres l’accompagnent.

Il avait une grande dévotion pour la Vierge Marie et il souhaitait l’honorer également à travers son travail. Le nom « Rocher » n’a pas été choisi au hasard pour évoquer simplement une texture croquante. Il s’agit d’un hommage à la Grotte de Massabielle, le lieu où la Vierge Marie serait apparue à Bernadette Soubirous. En français, cette grotte est souvent désignée comme le « Rocher de Massabielle ».

À la lumière de cela, beaucoup voient dans la coquille de chocolat croustillante et dans son emballage doré un rappel symbolique irrégulier à ce tapis Lourdes, si cher à l’entrepreneur piémontais. Sa forme irrégulière et rocailleuse est conçue pour rappeler la paroi rocheuse de la grotte de Lourdes. L’emballage doré et le petit socle en papier plissé ajoutent une dimension précieuse, mais le cœur du design est un rappel géologique de ce lieu sacré.

“Nous devons le succès de Ferrero à Notre-Dame de Lourdes”

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la fondation de l’entreprise, Michele Ferrero a déclaré : « Nous devons le succès de Ferrero à Notre-Dame de Lourdes ; sans elle, nous ne pouvons pas faire beaucoup ».

Dans une interview en 2023, le père Mauricio Elias, aumônier du Sanctuaire de Lourdes, a rappelé que « M. Ferrero avait une grande dévotion pour la Vierge de Lourdes ; il venait souvent à Lourdes et était un bienfaiteur ». « C’était un homme qui venait toujours ici, il avait beaucoup de dévotion pour la Vierge, il avouait, il menait une vie chrétienne» ajouta le prêtre.

On dit que Ferrero faisait chaque année un pèlerinage à Lourdes et qu’il organisait aussi des voyages pour ses employés. Ils ont également placé une statue de la Vierge Marie dans chacune des 14 usines de fabrication du groupe dans le monde.

Michele Ferrero est décédé le 14 février 2015, à l’âge de 89 ans. Peu avant, une inondation avait gravement endommagé le sanctuaire de Lourdes. L’entrepreneur avait promis «un gros don pour compenser ce qui était perdu» ; après sa mort, les enfants ont tenu la promesse de leur père, contribuant spécifiquement aux travaux de réparation.

« Travailler, Créer, Donner »

La famille Ferrero est l’une des dynasties les plus riches et les plus discrètes au monde, et à la première position en Italie. Leur approche de la richesse est indissociable d’une philosophie sociale et chrétienne héritée du patriarche Michele Ferrero, résumée par la devise de leur fondation : « Travailler, Créer, Donner ». La fortune personnelle de Giovanni Ferrero (seul fils survivant de Michele) est estimée à environ 41,6 milliards de dollars (selon Forbes en février 2026), ce qui le place autour de la 45e position mondiale. Le Groupe Ferrero reste 100 % familial et non coté en bourse. Il a réalisé un chiffre d’affaires record de plus de 19 milliards d’euros lors du dernier exercice fiscal. L’empire emploie désormais près de 50 000 collaborateurs à travers le monde et gère 36 usines.

Au-delà de Nutella, Kinder et Rocher, la famille possède désormais des marques emblématiques comme les biscuits Delacre, les glaces Wells (Häagen-Dazs aux USA) et a récemment finalisé l’intégration des céréales de WK Kellogg Co.

La générosité sociale 

La générosité de la famille ne s’exprime pas seulement par des dons ponctuels, mais par une structure sociale intégrée à l’entreprise : la Fondation Piera, Pietro et Giovanni Ferrero. La « générosité » Ferrero est souvent décrite comme un paternalisme social. Michele Ferrero estimait que pour demander beaucoup à ses employés (qualité, fidélité), l’entreprise devait leur rendre beaucoup en retour (sécurité, bien-être familial).

La dimension catholique est le moteur originel de la philanthropie de la famille Ferrero, bien que l’entreprise communique aujourd’hui davantage sur ses actions sociales et environnementales globales (RSE).

Pour leurs actions de terrain à grande échelle, la famille et le groupe collaborent avec des organisations reconnues, par exemple « Save the Children » : Un partenariat majeur (plus de 8 millions d’euros investis récemment) pour lutter contre le travail des enfants dans les plantations de cacao, améliorer l’éducation et la nutrition en Côte d’Ivoire et au Ghana. 

Michele Ferrero était un « bienfaiteur » majeur du sanctuaire de Lourdes. Chaque année, la famille finance intégralement le pèlerinage à Lourdes pour des milliers d’employés et de retraités du groupe, prenant en charge le transport, l’hébergement et l’organisation. Des statues de la Vierge de Lourdes sont installées à l’entrée ou dans les jardins de presque toutes les usines de production du groupe dans le monde (plus d’une vingtaine de sites). 

Leurs projets en Afrique et en Asie (Projet Entrepreneurial Michele Ferrero) sont souvent décrits par la famille comme une mise en pratique de la doctrine sociale de l’Église. Ils collaborent ponctuellement avec des structures missionnaires locales pour la construction d’écoles ou de dispensaires dans les régions où ils s’implantent.

Aujourd’hui, sous la direction de Giovanni Ferrero, la communication est devenue plus laïque et « professionnelle ». Les dons aux œuvres catholiques sont plus discrets et souvent effectués à titre personnel ou via des holdings familiales, tandis que la Fondation Ferrero officielle se concentre sur l’art, la santé et le soutien aux anciens employés. Malgré cette opulence, Giovanni Ferrero vit de manière très discrète à Bruxelles. Il est également écrivain à ses heures perdues, ayant publié huit romans, ce qui en fait l’un des milliardaires les plus atypiques du secteur industriel.