Dimanche 8 février, article par Jacques Galloy



Malgré les turbulences récentes, environ 500 participants liés au couvent Saint-Antoine des franciscains de Bruxelles se sont rassemblés ce week-end au sanctuaire de la Vierge des Pauvres de Banneux. Entre louanges, témoignages poignants et ferveur retrouvée, l’événement a marqué une étape pour la communauté.
C’est un flot de visages joyeux qui a investi le sanctuaire de Banneux du 6 au 8 février 2026. De nombreux jeunes en quête de sens et adultes de tous horizons ont répondu à l’appel. Le thème, tiré du livre de Néhémie, résonnait comme un défi et une promesse : « La joie du Seigneur, voilà votre force ! ». Comme d’habitude, la musique et les célébrations étaient très entraînantes. Le soleil a aussi réjoui l’atmosphère.
Un climat d’apaisement
Ce grand rassemblement ne se déroulait pas dans un contexte ordinaire. Le départ récent de deux frères franciscains – sur les quatre – avait suscité des inquiétudes, des incompréhensions et une polémique, laissant planer une ombre sur la communauté, en attendant les résultats de l’écoute et de l’enquête canonique. “Le bruit médiatique autour de ces départs en a fait malheureusement des coupables présumés alors que l’enquête ne fait que débuter. Ceci a suscité une grande vague d’incompréhensions parmi de nombreux participants”, explique un fidèle du couvent.
Évidemment, une certaine tristesse était perceptible et l’avenir du couvent était dans les discussions. Pourtant, dès la veillée du vendredi soir, l’atmosphère a atténué les doutes. Ce week-end n’était pas celui des justifications, mais celui du recentrement sur l’essentiel : la foi et la communion.
L’espérance fut particulièrement perceptible dimanche midi lorsque de nombreux participants ont prié en imposant les mains – comme le pratiquaient déjà les premiers chrétiens – sur les deux franciscains qui restent au couvent. « Cette prière était très intense et remplie d’espérance », témoigne René.
Lors de la veillée de vendredi soir, une jeune femme a développé l’évangile des noces de Cana : « Les outres des noces de Cana sont nos manques et nos intentions. La transformation de l’eau en vin est une espérance pour ceux qui prient et un appel à la patience. »
Un cœur de chair
Le samedi matin, l’enseignement sur la promesse d’Ézékiel — « J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » — a donné le ton. La dimension concrète de cette transformation a été illustrée par le témoignage bouleversant des jeunes du Cénacolo, racontant leur passage des ténèbres de l’addiction à la lumière de la vie communautaire.
L’après-midi, le programme s’est diversifié en ateliers, abordant aussi bien les dangers du paranormal, la figure de Marie-Madeleine que des thèmes spirituels : «Vivre la joie parfaite comme laïc aujourd’hui » et « Vivre sous le regard du Père, telle est ma force ».
Le témoignage de Jean-Luc Garnier a particulièrement marqué les esprits, offrant un récit de vie ancré dans l’espérance. Ancien rappeur enfermé dans la drogue, la violence et le sexe, il a lancé « Amen, Oui je croiX », un lieu d’évangélisation et d’organisation d’événements où l’on peut exercer ses talents au service du Seigneur. De même, le témoignage de conversion de son épouse Laurence a touché les coeurs de nombreux participants. Elle a notamment raconté son tour de France à pied en portant la croix et suscitant de nombreuses rencontres.
Une grande veillée d’adoration et de réconciliation a eu lieu le samedi soir. Ce fut un moment de prière intense et de paix, point d’orgue spirituel du week-end.
« Vous êtes la lumière du monde »
Le rassemblement s’est clôturé ce dimanche par une messe d’envoi présidée par Mgr Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège. L’Evangile du jour invitait les catholiques à être le sel de la terre et la lumière du monde. Son homélie a conforté les participants dans leur mission : « La joie donne la force et inversement la force donne la joie ».
À 16h, alors que les voitures quittaient le sanctuaire, le sentiment d’une « Église en marche », capable de surmonter ses crises par la prière collective, était palpable. Banneux a une fois de plus prouvé qu’à la source de la Vierge des Pauvres, l’espérance ne s’épuise jamais.
Sur les réseaux sociaux, notamment via les comptes Instagram de la Jeunesse Franciscaine de Bruxelles (JEFRA) et de @repare_mon_eglise, les images partagées témoignent de l’intensité du week-end.
Photos : (c) JEFRA et repare_mon_eglise


















